Domaines touchés

La pénétration de la culture américaine peut aussi se différencier en fonction des domaines qu’elle touche pour cette partie nous prendrons surtout l’exemple de la France.

Ainsi, la culture américaine s’impose assez facilement dans des domaines où il n’y a pas d’équivalent français aux produits culturels américains.

Dans quels domaines s'impose la culture américaine en France ?

· Dans le domaine musical: le jazz déjà présent dans les années vingt, connaît un grand succès auprès du public à partir de 1945. De nombreux musiciens de jazz américains s’installent en France et forment des jazzmen français comme Claude Bolling. Dans les années cinquante c’est le rock n' roll avec Elvis Presley qui imprègne la musique de toute une génération. Enfin dans les années quatre vingt le rap et le hip hop musique des ghettos noirs débarque en France.

· Dans le domaine littéraire: un genre nouveau apparaît la littérature policière, née dans les années vingt aux USA, elle n’avait eu qu’une diffusion
confidentielle en France avant 1939. 
Dès 1945, le roman policier s’enlise avec des détectives bon chic bon genre comme Hercule Poirot où encore Rouletabille. Déjà traducteur de R.Chandler et D.Hammet vers le milieu des années 30, Marcel Duhamel propose à Gallimard de créer une collection policière dont le but est d’éditer des romans américains, très en vogue à l’époque. Le nom de la collection est proposé par son ami J.Prévert qui sera "Série noire". Dès 1948 ce sont deux titres par mois qui sont publiés, puis en 1951 ce sont les romans de science fiction qui se font connaitre.

 

→ Quelques-uns des ouvrages de "la série noire".

 

L’américanisation culturelle entraine aussi des changements dans l’hégémonie culturelle.

· Dans le domaine du cinéma:  le changement d’hégémonie culturelle devient important. La France avait en effet une production cinématographique dynamique depuis les années vingt, et de grands noms de réalisateurs français ont marqué l’histoire du cinéma comme Duvivier mais les films américains commencent à conquérir le marché à partir de 1945. Sous la quatrième république, ils ne représentent que 40 % des films diffusés mais ils sont plus regardés que les films français. Les films américains appartiennent à des genres méprisés  par les intellectuels et par les cinéphiles car ce sont des comédies parfois musicales, des westerns, ou des films de guerre ou d’espionnage vecteurs de propagande anticommuniste, il s’agit d’une production qui répond à une culture de masse et de loisirs.

· Dans le domaine de la culture savante, en particulier la peinture: les créations picturales innovantes se font désormais à New York qui supplante Paris et le marché de l’art se déplace lui aussi de l’autre coté de l’atlantique. Le changement d’hégémonie culturelle se fait dans un premier temps par l’arrivée aux USA d’artistes européens fuyant les totalitarismes mais ensuite ce sont des artistes américains comme Rothko, Pollock, De Kooning, Newman ou Warhol qui marquent durablement l’art contemporain notamment avec le mouvement de l’expressionnisme abstrait (mouvement artistique qui s'est développé peu après la Seconde Guerre mondiale et qui consiste à retranscrire ses pensées et ses sentiments avec des formes abstraites et des couleurs très variées). Les Etats–Unis deviennent des découvreurs de talent, par exemple le Français Pierre Soulage reste méconnu en France alors que le muséum d’art contemporain de New York achète dès 1948 une de ses œuvres et qu’en 1950 c’est dans une galerie newyorkaise que sa première exposition est organisée. Paris, à partir de 1950, perd sa place de grande capitale artistique au profit de New York.

 

→ "Shot orange Marilyn", tableau de Andy Warhol, 1964.

L’américanisation affecte aussi  la forme et le ton des médias français.

· Dans le domaine de la radio: en 1944, le programme radiophonique "the Voice  of América" accompagne les soldats américains en France, on constate rapidement la différence de ton entre les speakers français qui conservent un ton déclamatoire alors que leurs homologues américains ont un style plus proche de la langue parlée, s’expriment d’une voix plus dynamique interpellant souvent leurs auditeurs. Les pesanteurs de la radio d’Etat freine pendant 10 ans l’adoption de ce ton et ce sont des radios périphériques privées (émettant à l’extérieur du territoire)  notamment radio Monte-Carlo, RTL, Europe 1 qui copient le style américain.

· Dans le domaine de la presse: sous l'influence américaine, la presse écrite se transforme. On voit apparaître de nombreux magazines avec des reportages photographiques ainsi "Paris Match" est crée en 1949, "l’Observateur" en 1950 et "L’Express" en 1953. Leur façon de traiter l’information est plus concise, le ton adopté plus familier moins littéraire, et les articles sont illustrés par de nombreuses photographies.

Aux  Etats Unis la culture est pensée dans le cadre d’une consommation de masse et donc la production des produits culturels est envisagée à grande échelle.

La France est touchée aussi par cette démocratisation de la culture, les exemples suivants illustrerons notre propos:

Le livre de poche, un concept né aux USA, fait son apparition en France, en 1953 grâce aux éditions Hachette. Le livre de poche remporte un succès immédiat, la collection compte en 1961, 545 titres et se vend à 14 millions d’exemplaires.

Le disque connaît le même processus de démocratisation grâce aux progrès technologiques qui diminuent son coût. Les 78 tours en cire était un produit luxueux, en 1951 l’arrivée du microsillon en vinyle, 33 tours ou 45 tours, rend le disque plus accessible car il est deux fois moins cher pour un temps d’écoute six fois plus long. Ce produit rencontre très vite sa clientèle, la jeunesse issue du "Baby boom" (Le "baby boom", en opposition à "baby-krach", est une augmentation importante du taux de natalité de certains pays, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale.), pour qui la musique tient une place très importante. Le disque devient un produit de consommation courante et en 1960 un foyer sur cinq est équipé d’un électrophone. Les dirigeants des principales compagnies phonographiques française Vogue, Barclay, Pathé Marconi se rendent fréquemment aux USA pour acheter sous licence des produits américains.

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