Autres influences

Nous connaissons à présent l'état de l'influence américaine en France et ses raisons.
Cependant nous pouvons également constater d'autres influences culturelles en France, qui concurrencent donc la domination américaine.
L'utilisation d'exemples sera ici un moyen judicieux pour démontrer l'émergence de ces influences quelles soit nouvelles et émergent de pays étranger ou bien plus ancienne en ce qui concerne les cultures locales.

- Les mangas:

Tout d'abord prenons l'exemple des bandes dessinées manga qui nous viennent directement de l'Asie, et plus particulièrement du Japon. Dans ce pays le marché de la bande dessinée est un phénomène de masse qui touche une part énorme de la population puisqu'on estime à 50% le nombre de japonais qui lisent au moins un manga par semaine!

En 2003, pour la première fois, un manga obtient un prix au Festival d'Angoulême, pour le prix du scénario. Cet événement marque un début de reconnaissance du manga. Par la suite cette réussite fait écrire à Gilles Ratier que 2005 avait été en France « l’année de la mangalisation ».
 
L'énorme popularité des mangas rivalise avec les plus populaires des bandes dessinés européennes; ainsi, les 42 tomes de "Dragon Ball Z" se sont vendus à plus de 250 millions d'exemplaires dans le monde, un chiffre qui surpasse celui réalisé par "Les Aventures de Tintin et Milou" avec 24 albums édités à plus de 200 millions d'exemplaires. Il faut savoir qu'en 2006, la France est, avec 10 millions d'exemplaires annuels, le plus gros "consommateur" de mangas au monde après le Japon et devant les États-Unis.

En France, les mangas apparaissent sous leur forme de bande dessinée papier qu'un 1991-1992, mais ils sont précédés par l'arrivée dans les années '80 par les dessins animés pour enfants (Goldorak, Candy, Albator, Capitain Flam) diffusés sur les chaînes de télévision française. Les dessins animés diffèrent des productions françaises et américaines: un graphisme plus agressif et plus anguleux se subtsitue aux rondeurs des dessins animés traditionnels; les thèmes sont aussi novateurs privilégiant un univers de science fiction comportant des combats violents. L'oeil du jeune spectateur s'habitue progressivement à ce style, ce qui peut expliquer dix ans plus tard la diffusion des mangas en France.

Plusieurs raisons expliquent le succès des mangas en France:


Certaines raisons relèvent de stratégies commerciales:

Leur production est quasiment industrielle, des ateliers de mangakas (équipes qui réalisent les bandes dessinées) sortent tous les deux ou trois mois un nouvel épisode de 300 pages, à un coût très bas car réalisé en noir et blanc sur du papier recyclé (un manga coûte 6€ contre 12€ pour une BD française).
La fidélisation des lecteurs est rendue possible, ils savent que la suite des aventures sera disponible dans un court délais, alors que pour les BD françaises, on ne sait jamais lorsque l'auteur créera le prochain album. D'autre part, la longueur des mangas permet aussi un attachement plus fort aux personnages.
Les mangas utilisent une segmentation du marché, c'est à dire  que chaque album cible une catégorie de lecteurs particulière. Il y a ainsi des mangas pour jeunes garçons (Shonen), pour les jeunes filles (Shojo), et pour les adultes tandis que la bande dessinée américaine et française tente d'atteindre un public très large allant des enfants aux adultes (Tintin a pour slogan d'être une bande dessinée pour les 7 à 77 ans.)

D'autres raisons concernent davantage le contenu des mangas:


Chaque manga met en scène une multitude de personnages avec des caractères très différents, ce qui permet à chaque lecteur de s'identifier à l'un des héros.
Le contenu des histoires plait aux adolescents car il y a beaucoup de suspens et des rebondissements incessants. Tous les thèmes de la société sont abordés et en particulier les préoccupations des adolescents (relations sexuelles, virginité, mort). Les histoires permettent une évasion car elles se situent souvent dans le monde galactique.
La forme convient bien aux adolescents. Les textes sont courts avec beaucoup d'onomatopées. le graphisme est proche du cadrage du cinéma avec une alternance de plans serrés et de plans larges, les dessins plus agressifs sont proches des jeux vidéos.


Actuellement, la sociologie des lecteurs de mangas est en cours d'étude par Jean Marie Bouissou. Celui-ci relève que les jeunes générations des années '80 sont venus aux mangas pour retrouver les héros des dessins animés de leur enfance, il y a donc une part de nostalgie chez une partie des lecteurs de mangas. On constate aussi la constitution d'une culture spécifique reposant sur une opposition générationnelle: les lecteurs de mangas s'opposent à la culture parentale lectrice de bandes dessinées.



http://www.nautiljon.com/images/anime/pokemon_advanced_generation.jpg


→ Pokémon, un dessin animé manga qui a fait fureur auprès des jeunes dans ces dernières années. Sur le marché, d'autres produits tels des cartes, des figurines, des peluches sont apparus après le succès fou qu'a connu le dessin animé.


                                             ***
- Les kebabs:

Dans le secteur alimentaire, on observe que le phénomène du fast food américain (MacDonald's en particulier) se voit de plus en plus concurrencer par d'autres types de restauration rapide qui proposent des saveurs différentes pour le consommateur. Nous avons décidé d'étudier le marché du Kebab en France ces dernières années pour montrer, encore une fois, qu'il faut relativiser le phénomène d'américanisation, et que d'autres influences sont présentes dans l'hexagone.

Depuis trente ans, Mac Donald envahit le marché de la restauration rapide et s’étend sur les cinq continents.
Ce géant du fast-food, souvent perçu comme le symbole de l’expansionnisme américain, doit aujourd’hui affronter une nouvelle concurrence qui s’étend dans toute l’Europe : le Kebab !
Il est clair que depuis plusieurs années, le kebab (sandwich provenant du Moyen-Orient) connait un succès fou, en particulier auprès des jeunes.

http://www.magentaproduction.fr/blog/wp-content/uploads/kebab_vs_mcdo_gd.jpg

Le développement exceptionnel du Kebab se fait sans grand renfort de capitaux. Souvent le fruit d’initiatives individuelles et familiales, ces restaurants sont de plus en plus organisés en filières ou dépendent de grossistes qui leur fournissent la viande… Et affichent aujourd’hui un chiffre d’affaires plus important que les fast-foods traditionnels !
En effet, ces modestes gargotes génèrent un chiffre d'affaires annuel de 1,8 milliard d'euros, soit plus que McDonald's, Burger King et la chaîne de fast-foods allemande Wienerwald réunis !


Mais alors, pourquoi les jeunes préfèrent-ils manger un kebab ?

Voici quelques témoignages de ces jeunes amateurs de kebab, qui sont de plus en plus nombreux
:

Ils trouvent de nombreux avantages à ce sandwich à la "mode". « La viande est bonne, de meilleure qualité, on apprécie que le produit soit fait devant nous, et notamment que la viande soit cuite sous nos yeux, correctement et non passée rapidement sur le grill. » Comme le dit Céline.
«
Le kebab contient deux fois moins de produits chimiques et de graisse. » Dit Fatima.
«
Le kebab constitue un sandwich nourissant, les gens n'ont plus faim lorsqu'ils l'ont avalé. » D'après David.

« Les consommateurs de kebab recherchent donc le côté pratique et rapide quand ils achètent ce produit. Ils apprécient également le "dépaysement" lié à ce sandwich et à sa composition : le côté oriental, les saveurs épicées et les sauces diverses constituent un changement pour eux. La consommation du kebab est aussi liée à un mode de vie : il satisfait les gens qui ont peu de temps pour se restaurer et aussi peu de moyens, car il n’est pas cher.»

Extrait de l'article "Le kebab : Des amateurs de plus en plus nombreux", Le bien public (les dépêches), mercredi 31 janvier 2001.


« Pour les jeunes générations, le "kebab" constitue une alternative exotique au classique hamburger de fast-food. Bon marché, cette concession alimentaire à la mode "ethnique" rassasie davantage qu’un McDonalds et donne accès au rituel du partage car on le mange à plusieurs. Un vrai supplément d’âme pour les 15-30 ans, habitués de la restauration rapide, et qui contribuent largement au succès grandissant du döner kebab, qui, après l’Allemagne et les Etats-Unis, fait florès dans notre pays. »


Extrait de l'article "Le "döner kebab", rival du hamburger", Le Monde, le 23 novembre 2006.

 

                                               ***

- Le père noël:

On peut également observer des influences de pays occidentaux dont les Américains se servent, commercialisent pour les réexporter ensuite vers l'Europe. L'exemple du père noël va largement illustrer cela.

Saint Nicolas a été importé aux Etats-Unis au XVIIe siècle par les immigrés allemands ou hollandais où il aurait pris une l'ampleur commerciale que nous connaissons actuellement, subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial et serait ensuite revenu en Europe. 

Pour les américains, Saint Nicolas ou Sinter Klaas devint Santa Claus.

Comment le Père Noël est-il né ?

En 1863 « Harper's Illustrated weekly », le journal New-Yorkais, revêtit Santa Claus d'un costume garni de fourrure blanche et portant un large ceinturon de cuir. Le dessinateur Thomas Nast en fut l'auteur.
Pendant près de 30 ans, Thomas Nast représenta, dans ce journal, Santa Claus ventru et jovial, à la barbe blanche et accompagné de rennes.

C'est en 1885 que l'illustrateur de ce journal dessina le parcours du Santa Claus qui va du pôle Nord aux Etats-Unis; sa résidence était ainsi officiellement établie.
Un an plus tard, l'écrivain Georges P. Webster précisa que la manufacture de jouets ainsi que la maison du père Noël « étaient cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord » confirmant par cette affirmation les dessins de Nast.

Comment le Pére Noël fut sponsorisé par Coca-cola ?

En 1931 la firme Américaine a eu le génie de demander à Haddon Sundblom de dessiner ce vieux bonhomme, dont la renommée grandissait la-bàs, en train de boire du Coca-Cola pour reprendre des forces pendant la distribution de jouets. Ainsi les enfants seraient incités à en boire durant l'hiver.

Le dessinateur l'habilla aux couleurs de la célèbre bouteille de Coca Cola : rouge. Ce nouveau look et la renommée que lui valurent la publicité, firent du vieux bonhomme le maître planétaire de la nuit magique, le Père Noël.

Il y eu bien quelques mouvements de protestation de la part des Catholiques contre cette envahissante popularité, la nuit du 24 au 25 décembre étant à l'origine celle de l'enfant Jésus. Certaines manifestations allèrent même jusqu'à brûler l'effigie du Père Noël, mais tout rentra dans l'ordre au fil du temps.

 

"La soif ne demande rien de plus" Publicité Coca-cola à l'effigie du père noël.

Ainsi, la France est influencée par d'autres pays tels que le Japon ou le Moyen-Orient avec certains produits en pleine expansion. De plus, l'Amérique se sert de produits Occidentaux, les transforme à sa guise puis les commercialise à nouveau en Europe, cela dans un but uniquement lucratif.

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