Mouvements historiques

L'anti-américanisme n'est ni une forme de nationalisme ni de racisme ni d'aucune forme du refus de l'autre, d'un autre homme ou d'un autre peuple. Il est la lutte contre un système, contre une conception de l'homme et d'un mode de vie.
Les mouvements d'anti-américanisme ont connus une importance dans les années 1950 à avec le mouvement  "Beat Generation" puis suivit du mouvement "Hippie".


Qu'est ce que la Beat Generation ?

La Beat Generation est un mouvement des années 1950 à 1965, préconisant le rejet des règles établies et la recherche de nouveau chemins pour atteindre des buts qui restent souvent les mêmes (fraternité et création) mais sous une forme originale, inédite.

Depuis que Jack Kerouac (gand écrivain du Beat Generation) eut évoqué pour la première fois la Beat Generation, le terme a été universellement accepté par les critiques comme étant le plus adéquat pour décrire une rébellion sociale et littéraire d'importance en Amérique, un mouvement représenté par un petit groupe de poètes et romanciers authentiques et doués, ainsi que par un nombre bien plus grand de jeunes gens oisifs. Il est cependant nécessaire de comprendre avec plus de précision ce que Kerouac voulait dire en parlant de "Beat", car l'expression, laconique comme tout slogan, n'est pas en elle-même suffisamment explicite.
On a souvent affirmé que le mot "Beat" signifiait déprimé ou dégoûté. Mais Jack Kerouac réfutait pareille définition et affirmait que "Beat" évoquait le rythme de jazz, et était une autre façon de dire "Béatitude". Les jeunes qui appartenaient à ce mouvement étaient appelés les Beatniks (jeunes aimant la musique rythmée et qui manifestent, par leur comportement et leurs vêtements une volonté de rupture avec la société, menant ainsi une vie en marge.)


Quelles sont les raisons historiques d'un tel mouvement ?

Une analyse approfondie montre que l'arrière plan historique et social des années '50 était constitué d'éléments entièrement nouveaux qui caractérisaient non seulement une nouvelle génération, mais aussi une nouvelle ère.

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→ "One the road" traduit en français par "sur la route", est une grande oeuvre littéraire écrite en 1957 de Jean Kerouac (1922-1969) qui est considérée comme la Bible de la Beat Generation.



Voici les raisons qui ont fait naitre un tel mouvement :

Certains des poètes et écrivains Beat, comme Jack Kerouac encore jeunes à la fin de la seconde guerre mondiale ont réalisé qu'un tel degré d'horreur n'avait jamais été atteint notamment avec l'utilisation de la bombe atomique et la découverte du génocide juifs. L
es jeunes doutaient des valeurs de la société dans laquelle ils vivaient. En tout état de cause, l'Amérique n'était plus capable de tenir les rênes de la paix.
La Beat Generation est donc née de la crise causée par l'apparition de l'arme nucléaire. Elle était donc tenue d'être une génération de révolte sociale, qui devait soit détruire les valeurs traditionnelles soit les tourner en ridicule. La Beat Generation représente de ce fait un phénomène de société de premier plan.

une volonté de se rebeller contre l'American Way of Life et contre les "squares"  (mot qui signifie à la fois carré et honnête, sont ceux qui vivent enfoncés dans leur ornière, qui croient témoigner par leur vie en faveur de toutes les valeurs décentes, en un mot les Bourgeois, les Salauds au sens sartrien du terme.) Cette rebelion est essentiellement une révolte individualiste contre le collectivisme et le matérialisme. Les "squares" sont les suffisants, les rasants, ceux qui sont toujours occupés, qui ne se relaxent jamais et ne profitent pas de la vie. Les "squares" sont rigides et conformistes. Ils suivent aveuglément les règles et les codes sociaux de l'American Way of Life, alors que les Hipsters (sont des gens adhérant aux lois du cool qui elles sont instaurés par les cools) refusent de vivre dans ce que Henry Miller (Ecrivain américain qui combat le puritanisme anglosaxon, l'hypocrisie bourgeoise et, plus généralement, la civilisation occidentale) appelait un "cauchemar climatisé" et Kerouac la "folie absolue et la fantastique horreur de New York avec ses millions et ses millions d'êtres humains qui se battent indéfiniment entre eux pour un dollar". Les "Hipsters" se droguent et boivent de l'alcool, ils mènent une vie de bohême, ils rejettent tous les tabous des "squares", en particulier les tabous sexuels. Leur rébellion et leur rejet de la société vont de pair avec une quête spirituelle passionnée, une tentative de retrouver les valeurs plus humaines.

Pour conclure, La "Beat Generation" rejetait le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité et le conformisme. Dans leur aspiration à une vie plus spirituelle, ils avaient pris le chemin de la drogue, de l'alcool et du sexe: les "Beat" ont toujours essayé de se comporter de "façon pure". Ils ont toujours gardé à l'esprit les mots clés : le primitivisme opposé à une société organisée et corrompue, la spontanéité contre l'hypocrisie et la superficialité. Leur rejet de la société a évolué en une attitude positive : la création d'un nouvel humanisme qui vénérait les sentiments élémentaires et les relations humaines les plus simples.

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Le mouvement "Beat Generation" donne ainsi naissance au mouvement "Hippie".

Le mouvement hippie est un héritier de la Beat Generation car il exprime également le rejet de la société de consommation de masse et d'une amérique bien-pensante et guerrière.

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→ Photo d'un couple de hippies.

Le phénomène hippie naît aux États-Unis dans un contexte de contestation et de refus de l'ordre établi ; les manifestations contre la guerre du Viêtnam et les émeutes des Noirs dans les grandes villes américaines fédèrent une partie de la jeunesse. Mais cette génération, née juste après la Seconde Guerre mondiale, refuse aussi le conformisme et la soumission au pouvoir des médias et des artistes en place. Elle cherche à fuir la société de consommation en mettant en avant les  valeurs écologistes et égalitaires issues des philosophies orientales et primitives.

De manière générale, les hippies contestaient le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles, et tout ce qui y était lié. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail et à la réussite professionnelle, ainsi que le primat des biens technologiques au détriment des biens naturels. Ce mouvement, essentiellement constitué en une praxis (
Activité humaine visant à modifier les rapports sociaux), n'a pas réellement été théorisé ; mais les adeptes du mouvement se reconnaissaient pourtant comme hippies.

La musique est un élément capital et fédérateur des hippies. Le phénomène hippie sécrète une esthétique complète, musicale d'abord (Grateful Dead, Jimi Hendrix, The Doors, Pink Floyd, Crosby, Stills & Nash and Young, Jefferson Airplane…) avec les premiers festivals de la pop: Monterey, Woodstock, l'Île de Wight ; mais aussi picturale, théâtrale...
La musique des hippies puise son inspiration dans la country (Bob Dylan) ou le rock psychédélique (Janis Joplin), mais peut aussi venir de beaucoup plus loin avec notamment Ravi Shankar, joueur de sitar indien qui participa au festival de Monterey. La musique représente bien le mouvement par sa diversité, sa volonté d'ouverture aux différentes cultures et d' affranchissement des règles en vigueur.

La plupart des hippies ont fini par abandonner leur envie de régénérer le « vieux monde » et se sont rangés dès la fin des années 1970 et le courant des années 1980. La trentaine venue, ils ont trouvé du travail, fondé une famille et se sont finalement intégrés dans la société de consommation qu'ils dénonçaient naguère. Les critiques disent souvent qu'ils se sont « embourgeoisés ».

Toutefois, quelques irréductibles ont toujours tenu à rester fidèles aux idéaux de leur jeunesse. Les plus talentueux et les plus habiles d'entre eux ont trouvé un compromis en vivant, parfois très confortablement, de leur artisanat d'art, de leur musique, de l'agriculture biologique ou encore de la pratique de médecines parallèles (dites aussi « médecines douces »). D'autres se sont brûlé les ailes et ont fini sans le sou au bout de la route, ravagés par les drogues dures, à l'image de certaines idoles comme Janis Joplin, Jimi Hendrix ou Jim Morrison morts de surdose.

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Aujourd'hui encore, un sentiment de rejet de la part des Français envers les Américains est bien présent dans l'hexagone.

Par exemple, José Bové, qui est né en 1953, a connu les mouvements  "Beat Generation" et "Hippie", et a même milité dans des mouvements hostiles à la guerre du Viêt Nam. Il s'oppose au militarisme, et refusant de faire son service national, est considéré comme déserteur en 1972.
Plus tard, il devient donc
une des figures du mouvement altermondialiste. Le mouvement altermondialiste, ou altermondialisme, est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui proposent pour l'essentiel un ensemble de valeurs « sociales » et soucieuses de l'environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu'ils analysent comme les « logiques économiques de la mondialisation néolibérale ».
José Bové fait partie des Syndicalistes agricoles de la Confédération paysanne et de Via Campesina qui est un mouvement qui milite pour le droit à la souveraineté alimentaire et pour le respect des petits et moyens paysans.

Quels types de mouvements anti-américanisme existe t-il en France aujourd'hui ?

José Bové lutte contre la société de consommation et s'oppose à l'amér
icanisation, ce dernier a donc organisé plusieurs mouvements traduisant son rejet de la domination culturelle des Etats-Unis envers la France. Un fait particulièrement médiatisé est l'action qu'il a mené avec plusieurs personnes le 12 août 1999 contre le chantier d'un restaurant McDonald's à Millau. Le saccage du chantier, qualifié par ses participants de « démontage », a été sanctionné au cours d'un procès dont le verdict a condamné José Bové à une peine de trois mois de prison ferme.

Il s'agissait, pour José Bové et ceux qui l'accompagnaient, de protester contre la décision de l'Organisation mondiale du commerce de valider les sanctions américaines (sous forme de taxation punitive de certaines importations d'origine européenne, dont le fromage de Roquefort), en raison du refus de l'Union européenne d'importer des États-Unis du bœuf traité aux hormones de croissance. McDonald's, entreprise d'origine américaine, représentait à leurs yeux la cible symbolique idéale, à la fois de la « malbouffe » et du « capitalisme apatride ». L'action, collective, réalisée à visage découvert, avait été annoncée à la police par les organisateurs.

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→ Photo de José Bové.

Ce 16 janvier 2009 encore, les Etats-Unis ont décidé d'augmenter davantage la taxe sur l'importation française de fromage Roquefort afin de mettre la pression sur la France pour que le boeuf aux hormones et le poulet chloré puissent accèder au marché européen. Le fait de tripler les droits de douane de ce produit fait grincer des dents dans l'Hexagone et en particulier des producteurs de Roquefort.

Le Roquefort
"est un produit qui ne peut être fabriqué dans aucune autre partie du monde, car il répond à un cahier des charges drastique, spécifique, naturel et très local. C'est devenu une économie indispensable à cette partie très rurale de la France" plaide M. Malvy dans une lettre adressée au président-élu que rend public le site Internet du conseil régional, déplorant la mesure "injuste" des Etats-Unis.
Thierry Zurcher, directeur de "Roquefort Société" et président de la Fédération des industriels de la filière brebis, a également déploré la décision américaine. "C'était un marché plutôt prometteur. On avait déjà fait 700 tonnes il y a quelque temps, et on pouvait atteindre les 1.000 tonnes, normalement", "ça aurait été notre premier marché à l'exportation. Il y a un véritable intérêt pour le roquefort aux Etats-Unis, et donc on est en train de casser tout ça", a-t-il regretté sur France-2.

La Confédération paysanne a notamment affirmé que ces pratiques étaient "inadmissibles" et
demande au gouvernement français de : "ne pas céder, comme ils l'ont fait jusqu'à aujourd'hui, à la pression mise par les Etats-Unis et de protéger les consommateurs européens qui ne souhaitent pas être confrontés à des produits alimentaires aux qualités sanitaires plus que douteuses que sont aujourd'hui le boeuf aux hormones et le poulet javellisé et que seront demain les animaux clonés".

D'autres produits français que le fromage Roquefort sont boycottés (Cessation volontaire d'achat d'un produit ) tels que le vin, le pain et le foie gras aux Etats-Unis. Cela relance un réel sentiment d'anti-américanisme en France aussi bien pour les jeunes que pour les générations plus agées.

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